IA en France en 2025 : usage généralisé, mais une transformation encore incomplète

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IA en France en 2025 : une adoption massive, mais une transformation encore incomplète

L’intelligence artificielle fait désormais partie du quotidien des décideurs français. En 2025, près de 70 % d’entre eux déclarent l’utiliser chaque jour, signe d’une acculturation rapide et largement diffusée. Pourtant, derrière cette adoption individuelle spectaculaire, la transformation des organisations reste inachevée. Gouvernance encore floue, sécurité partielle, ROI rarement mesuré : l’IA progresse vite… mais sans toujours s’inscrire dans une trajectoire structurée.
À partir des résultats d’une enquête menée auprès de dirigeants français et de l’analyse des équipes Elevate, cet article propose un état des lieux lucide de l’IA en France, et identifie les leviers clés pour passer de l’expérimentation opportuniste à une transformation réellement pilotée.

Une acculturation rapide, portée par les usages individuels

L’IA n’est plus un sujet réservé aux experts techniques. L’enquête menée auprès de 150 cadres dirigeants montre que 70 % d’entre eux utilisent aujourd’hui une IA au moins une fois par jour, et près de la moitié plusieurs fois par jour. Cette adoption rapide est alimentée par des gains de productivité immédiats, une forte curiosité et une pression concurrentielle accrue.

Les outils les plus utilisés sont sans surprise les assistants généralistes comme Copilot, ChatGPT ou Gemini. Ils sont mobilisés pour des usages très concrets : rédaction de synthèses, génération de présentations, recherche documentaire ou aide à la décision. Cette hybridation ne concerne plus uniquement les équipes digitales ou data : directions juridiques, RH, finances ou communication s’approprient elles aussi ces outils au quotidien.

Cette dynamique constitue un socle solide. Mais elle reste avant tout individuelle. Et c’est précisément à ce niveau que le décalage apparaît lorsque l’on observe l’organisation dans son ensemble.

Une transformation organisationnelle encore très inégale

Si les usages individuels progressent à grande vitesse, les démarches collectives peinent à suivre. Selon l’étude Elevate, seule une entreprise française sur deux a aujourd’hui mis en place un cadre IA sécurisé. Et la fracture est nette selon la taille des organisations.

Près de 70 % des grands groupes déclarent disposer d’un modèle structuré, contre seulement 40 % des ETI. Cette différence s’explique par des moyens plus limités, une gouvernance plus difficile à mettre en place et un manque de ressources expertes dédiées. Dans de nombreuses ETI, l’IA reste une opportunité mal outillée : les directions métiers testent, mais sans infrastructure commune, sans pilotage transverse et sans capitalisation des apprentissages.

Autre signal préoccupant : 40 % des décideurs interrogés se déclarent encore en phase d’exploration, sans stratégie IA formalisée, sans comité dédié ni feuille de route priorisée. Les cas d’usage se multiplient, mais sans vision d’ensemble ni logique d’industrialisation.

Des cas d’usage nombreux… mais un ROI rarement mesuré

Les entreprises françaises ne manquent ni d’idées ni d’initiatives. Les cas d’usage les plus fréquents concernent la génération de contenu, la personnalisation marketing et l’automatisation de tâches répétitives. Dans certains contextes, les bénéfices sont déjà visibles : accélération du time-to-market, réduction des tâches à faible valeur ajoutée, amélioration de l’expérience client.

Mais cette dynamique révèle un angle mort majeur : la mesure de l’impact. Selon l’enquête, 76 % des décideurs n’ont jamais évalué le ROI de leurs projets IA. Un chiffre qui traduit une transformation encore largement pilotée à l’intuition, sous l’effet de l’engouement technologique plus que d’une logique de performance mesurée.

Là encore, la fracture est marquée. Aucune des ETI interrogées n’a été en mesure d’identifier un ROI positif — souvent faute d’indicateurs. Côté grands groupes, seuls 40 % de ceux ayant mesuré leur ROI déclarent des résultats positifs. Sans cadre d’évaluation clair, il devient difficile de prioriser les investissements, de convaincre en interne ou de répliquer les succès.

L’agentique, nouvel horizon des décideurs français

Face à cette adoption massive mais encore désorganisée, les attentes des décideurs pour les prochaines années convergent vers un même objectif : des solutions plus intégrées, plus utiles et plus mesurables. En tête de ces attentes figure l’agentique, c’est-à-dire des réseaux d’agents IA capables d’exécuter des tâches complexes en interaction avec les systèmes métiers.

Les dirigeants interrogés plébiscitent des assistants capables non seulement de générer du contenu, mais aussi de piloter des processus, analyser des données, interagir avec les outils internes et respecter les règles de gouvernance de l’organisation. Cette vision reste encore prospective, mais elle structure déjà les roadmaps IA des grands groupes.

Deux autres tendances fortes émergent également :
– l’IA multimodale avancée, capable de traiter simultanément texte, image, son et vidéo ;
– l’IA frugale, moins coûteuse, moins énergivore et moins dépendante de fournisseurs uniques.

Ces attentes traduisent une même exigence : sortir de l’effet de démonstration pour entrer dans une IA réellement utile, fiable et mesurable.

Passer de l’usage à la transformation

L’IA en France avance vite, mais de manière encore inégale. L’acculturation est bien réelle, portée par des usages quotidiens et une adoption massive. En revanche, la transformation des organisations reste largement incomplète. Gouvernance, sécurité, pilotage du ROI : les fondations manquent encore pour inscrire durablement l’IA dans la stratégie d’entreprise.

Le prochain cap est clair. Il ne s’agit plus de multiplier les tests, mais de structurer les usages, de prioriser les cas à valeur, de mesurer les impacts et de bâtir des trajectoires cohérentes. Autrement dit, passer d’une IA opportuniste à une IA intégrée au moteur de la performance.

Car en 2025, la question n’est plus de savoir si l’IA sera utilisée, mais comment elle sera pilotée pour créer une valeur durable, responsable et mesurable.

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Caroline Vignand-Olivier
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